Algazi, Léon (1890-1971)

par Hervé Roten

Né à Epuresti (Roumanie) le 6 février 1890, Léon Algazi montre très tôt des dispositions pour la musique. Après un bref séjour à Jérusalem en 1905, où il s’initie aux études rabbiniques, il s’installe en France en 1908 pour compléter ses études théologiques au Séminaire Israélite de France, où il obtient finalement son diplôme de rabbin en 1922. Au début de la guerre de 14-18, il s’engage comme volontaire, puis repart à Bucarest en 1915. En 1921 ou 1922, il part pour l’Autriche afin d’étudier la musique avec Arnold Schönberg et surtout Hans Eisler. A Vienne, il devient chef d’orchestre du Théâtre juif, avant de retourner à Paris en 1924.

Admis au Conservatoire National de Musique dans la classe de contrepoint et fugue d’André Gédalge, il travaille la composition avec Raoul Laparra et Charles Koechlin. De ses études avec le musicologue Abraham Zvi Idelsohn, il acquiert un vif intérêt pour le folklore juif, et publie en 1925, chez Max Eschig et Cie, Trois chansons populaires juives sur des paroles françaises de Edmond Fleg. En 1928, il écrit la musique de scène du Dibbouk pour la compagnie Gaston Baty. En 1929, il crée l’émission radiophonique hebdomadaire La voix d’Israël. Au début des années 1930, il co-fonde avec Vladimir Dyck la collection de musiques hébraïques Mizmor aux éditions Salabert. En 1937, il devient chef de chœur de la Grande Synagogue de la Victoire. Et entre 1936 et 1940, il enseigne le chant hébraïque à la Schola Cantorum (1936-40).

Pendant la guerre, les Algazi se réfugient d’abord à Lyon avant de passer en Suisse le 9 août 1943. Après-guerre, Léon Algazi revient à Paris et reprend ses activités musicales : chef de chœur, compositeur, éditeur de musique, président du Syndicat National des chefs d’orchestre pour la musique religieuse, enseignant et directeur de l’École israélite de pédagogie et de liturgie du Séminaire israélite de France, Léon Algazi est un véritable homme-orchestre ! Travailleur infatigable, il écrit de nombreux articles sur la musique juive [1], réunit le premier congrès international de musique juive à Paris en 1957 et initie, avec Léon Pougatch, Jean Halpérin et Edmond Fleg, le premier Colloque des Intellectuels juifs de France.

Nommé Directeur de la musique des temples consistoriaux en 1961, Léon Algazi s’éteint le 1er mars 1971. Il lègue à la postérité une œuvre protéiforme et encore trop mal connue : parmi ses compositions aux caractères liturgique ou folklorique, on peut retenir le Service sacré [2] (New York, 1952), des suites orchestrales, des psaumes, des harmonisations de chants traditionnels, et de manière plus anecdotique de la musique pour le cinéma ou le théâtre (Athalie, 1968). D’origine séfarade, Léon Algazi a également publié une collection de Chants séphardis (Londres, 1958).



La baguette de chef d’orchestre de Léon Algazi

Film muet, en couleur, sur la famille de Léon Algazi


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[1Dans l’un d’eux, Il écrit notamment : « Le chant est l’âme de la prière juive. Étroitement uni à la parole, il s’élève parfois, seul, vers le ciel, et ces « échappées » ne sont pas l’expression la moins vraie de l’émotion religieuse »

[2Précisons à propos du Service sacré qu’il s’agit d’un office du samedi matin, tel qu’il est célébré dans les synagogues libérales, en France, aux Etats-Unis ou en Angleterre. Le Service sacré composé par Léon Algazi résulte d’une commande du Temple Emanu-El de New-York, où l’auteur en a dirigé la première exécution en mars 1952. La première en France eut lieu à la salle Gaveau, le 21 mars 1955, toujours sous la direction de l’auteur.

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