L’œuvre hébraïque de Fromental Halévy et Giacomo Meyerbeer

Une émission de radio de l’Institut Européen des Musiques Juives présentée par Hervé Roten

MUSIQUES JUIVES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI – MARDI 22 OCTOBRE 2019, JUDAÏQUES FM (94.8), 21H00

A l’occasion de la sortie du CD Jacques Offenbach et ses proches – de la synagogue à l’opéra, Hervé Roten reçoit le chef de chœur et musicologue Hector Sabo qui viendra présenter les œuvres de musiques synagogales de Fromental Halévy (1799-1862) et Giacomo Meyerbeer (1791-1864).

Fromental Halévy est né le 27 mai 1799 à Paris au sein d’une famille juive. Sa mère, Julie Mayer, était originaire de Lorraine. Son père, Élie Lévy, venait de Fürth, une petite ville au nord de Nuremberg, où il avait officié durant des années en tant que chantre. Bercé par les chants de la synagogue, le jeune Fromental Halévy se révèle très tôt doué pour la musique. A dix ans, il entre au Conservatoire de Paris où il suit, dès l’âge de douze ans, la classe de Cherubini. A vingt ans, il obtient le Grand Prix de Rome. Après des débuts laborieux dans le domaine de l’art lyrique, la célébrité lui vient en 1835 avec son opéra La Juive, sur un livret d’Eugène Scribe. En 1840, Fromental Halévy est nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris ; il compte Gounod, Bizet et Saint-Saëns parmi ses élèves. En 1845, il favorise l’engagement de Samuel Naumbourg (1817-1880), un de ses élèves, au poste de ministre officiant du temple consistorial de Paris. Entre 1847 et 1874, Naumbourg va publier quatre recueils de musique synagogale comportant quelques compositions de Fromental Halévy. En 1851, le consistoire de Paris fait appel aux services d’Halévy pour diriger la Commission du chant, toute nouvellement créée afin de mettre de l’ordre dans les chants liturgiques du nouveau culte consistorial. Fromental Halévy siègera au sein de cette commission jusqu’en 1855. Régulièrement sollicité par le consistoire, Halévy compose plusieurs musiques vocales pour la synagogue, parmi lesquelles le psaume 100 Mizmor lessodo et le psaume 118 Min hametsar qui clôture le Hallel. Ce morceau à 7 voix a été composé par Halévy pour le mariage de son neveu, Edgar Rodrigues avec Louise Mayer, le 2 mai 1858. Ce psaume est également chanté lors de l’inauguration du Temple de la Victoire, le 9 septembre 1874.
Mais Halévy est aussi l’auteur d’une version musicale du psaume 130 Mimaamakim, bien connu dans sa version latine sous le titre de De profundis (Des profondeurs de l’abîme je t’ai appelé, Seigneur). Cette œuvre à la formation musicale imposante (orchestre et chœur) résulte d’une commande du ministre des cultes de Louis XVIII aux trois religions officielles du royaume de France afin de commémorer la mort du duc de Berry (1778-1820), neveu du roi et héritier du trône, assassiné dans la nuit du 13 au 14 février 1820. On pourra entendre des extraits de cette œuvre qui n’avait encore jamais été gravée sur CD.

Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est né le 5 septembre 1791 à Tasdorf, près de Berlin, au sein d’une riche famille juive. Son père, Juda Herz Beer (1769-1825) était particulièrement impliqué dans le mouvement d’émancipation et d’intégration des juifs de Prusse. Une de ses premières œuvres de jeunesse est d’ailleurs un Hallelujah pour chœur et orgue écrit en 1815 pour la communauté réformée de Berlin et chanté dans l’oratoire de son père. Entre 1816 et 1824, Meyerbeer effectue des séjours prolongés en Italie où il compose plusieurs opéras qui lui assurent une notoriété non seulement en Italie mais aussi dans toute l’Europe, où il est considéré comme l’égal de Rossini. De 1825 à 1841, l’essentiel de sa carrière se déroule à Paris. Grâce au soutien de Luigi Cherubini, il débute le 18 février 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l’Opéra le 21 novembre 1831 et obtient un triomphe. A partir de 1842, il est le premier juif à être nommé Meyerbeer Generalmusikdirektor (directeur général de la musique) de l’Opéra royal de Prusse et superviseur de la musique de la Cour royale. La direction de la musique sacrée est quant à elle confiée à un autre compositeur d’origine juive, mais converti au protestantisme, Felix Mendelssohn (1809-1847).
En 1846, Samuel Naumbourg demande à Meyerbeer l’autorisation d’arranger sa Prière d’enfants, publiée initialement en 1839 pour trois voix de femmes a cappella (avant d’être traduit en allemand en 1841 sous le titre Kindergebet), pour y adapter le texte de la prière Ouv’noukho Yomar, récitée lors de la rentrée des rouleaux de la Torah dans l’Arche Sainte pendant les offices de Chabbat et des fêtes. Meyerbeer accepte et Naumbourg en réalise un arrangement pour chœur d’hommes et enfants qu’il publie à Paris en 1847 dans le second volume de son recueil Zemirot Israel, Chants Religieux des Israélites.
À partir de 1851, Meyerbeer va résider la plupart du temps à Berlin avec sa famille, et participer à la vie artistique de la cité. Cela ne l’empêche pas de voyager régulièrement dans toute l’Europe afin d’y présenter ses œuvres.
Très fatigué par son intense activité créatrice, Meyerbeer meurt soudainement le 2 mai 1864 à Paris, alors qu’il supervise les répétitions de son dernier opéra, L’Africaine.

Illustrée par de nombreux extraits musicaux, cette émission nous fait découvrir l’œuvre hébraïque de deux des plus grands compositeurs d’opéra du 19ème siècle.

À écouter

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  • L’oeuvre hébraïque de Fromental Halévy et Giacomo Meyerbeer

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