Trio Yiddishè Fantazyè

le 21/11/2013 à 20:30
Péniche Anako

Bassin de la Villette,
face au 61, quai de la Seine,
75019 PARIS
Métro Riquet, Stalingrad ou Jaurès

Musique Klezmer, archives sonores et textes - Violon/chant : Amit Weisberger (Israël) -
Violoncelle/chant : Gaëlle-Sara Branthomme (France) -
Cymbalum : Mihaï Trestian (Moldavie)

Voici une image d’un paysage dans les montagnes des Carpates : le violon, de son trait fin, dessine les silhouettes délicates des sommets. Les sons du cymbalum sont comme les petites clochettes sur le cou des brebis courant dans les collines. Le violoncelle chante la troisième dimension de l’image : cette rumeur qui vient des profondeurs de la forêt, serait-ce le grognement d’un ours, ou la prière du cantor qui monte d’une petite synagogue de la vallée ?
« Yiddishé Fantazyé » invite les spectateurs dans un voyage géographique mais aussi temporel. Un voyage vers une époque où dans les mariages les musiciens faisaient non seulement danser mais aussi pleurer l’assemblée. Une époque où le mot « Dieu » était un mot familier, on l’appelait « Got », et il côtoyait la musique et la vodka en bonne connivence.
La musique traditionnelle juive d’Europe de l’Est, appelée « klezmer », a comme un être vivant, un père et une mère : son côté paternel, c’est la zone géographique dans laquelle elle est née – la région qui se situe entre la Mer Baltique et la Mer Noire. Elle est donc membre d’une grande famille musicale et a été influencée par les musiques slave, tsigane, roumaine, hongroise et turque.
Son côté maternel, c’est sa Judéité : la tradition liturgique juive, la ferveur des mystiques hassidiques, mais aussi la vulnérabilité d’une minorité souvent persécutée, tout ce qui a façonné et inspiré cette musique pendant des siècles et lui a donné son style bien à elle. Ce style, ce petit quelque chose, qui la différencie des autres traditions musicales d’Europe de l’Est et qui ne peut se retranscrire sur une partition, pourrait se résumer en un mot : Néshumé, mot yiddish signifiant « l’âme juive ».
Avant que l’accordéon et la clarinette ne deviennent indissociables de la musique klezmer, celle-ci était une musique d’instruments à cordes. Ses trois instruments principaux étaient alors le violon, le cymbalum et la basse (violoncelle ou contrebasse).
La transmission orale de la musique klezmer a été interrompue par la Shoah, et par tous les bouleversements et changements de mode de vie du 20e siècle (immigrations, sionisme, communisme, modernisme…), La meilleure manière de reprendre aujourd’hui le fil est de se plonger dans les archives sonores pour s’imprégner du style particulier construit durant des générations.

Le trio Yiddishè Fantazyè sur le web

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