Concert : Mir Geyen, avec Bruno Girard et Denis Cuniot

Mir geyen, Nous allons.

Concert de sortie de CD

Mes réminiscences de la langue allemande, mes attaches sentimentales et familiales à l’Alsace, mon sentiment profond d’appartenance à l’Europe et mon attirance vers la culture, la littérature, la poésie et l’histoire de l’Europe centrale et orientale m’ont porté vers le yiddish, langue apparue au sein des communautés juives d’abord établies le long du bassin rhénan, puis qui se propagera dans toute l’Europe. On parlait le yiddish de la Baltique à la mer Noire. Cette langue, transmise par les femmes (on ne l’apprend pas à l’école), témoigne de la vie du peuple juif /allemand du Moyen-Âge parsemé d’hébraïsmes, puis de slavismes et d’autres emprunts.
Puis le yiddish acquiert ses lettres de noblesse avec l’écriture au moyen de l’alphabet hébraïque, se lit de droite à gauche et devient un élément fondamental de la culture européenne, support de théâtre, de poésie, de chansons, philosophie, littérature… Onze millions de personnes parlaient le yiddish à la veille de la seconde guerre mondiale. Le génocide perpétré par les nazis a anéanti plus de la moitié de la population qui le parlait et en a pratiquement stoppé la transmission.
Alors à ceux qui fréquemment me demandent: « Pourquoi chantes-tu en yiddish? », je réponds que, en dehors du français, le yiddish me convient mieux que l’anglais, que les textes et mélodies sont magnifiques et que, sans prétention, j’ai envie de faire partager cette part de notre patrimoine européen. Curieusement, chez les Juifs et les Tsiganes, un même mot désigne en français, celui qui n’est pas juif (goy) ou pas tsigane (gadjo), on l’appelle un « Gentil » ; alors je dirais que si je ne sais pas où commence ma judéité, je sais où finit ma gentillesse…
Mir geyen !
Pour réaliser ce projet, j’ai fait appel à Denis Cuniot, pianiste, qui joue les musiques juives à sa façon, un peu décalée, magnifique, comme en témoigne son album solo « Confidentiel Klezmer ». Denis n’est pas un accompagnateur, c’est un enveloppeur, il guette chaque phrase chantée, l’habille, lui tisse un tapis, un ciel, des fenêtres qu’il s’empresse d’ouvrir et à peine l’une d’elles a-t-elle disparu, il accueille déjà la suivante. Alors, réservons le terme d’accompagnateur au voyage touristique, celui-ci ne l’est pas.
Mir geyen…
Bruno Girard

Tarifs 18 et 15€ (en achetant directement au théâtre)

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