Chavouot – Une entrée dans la huitième dimension

Une émission de radio de l'Institut Européen des Musiques Juives présentée par Hervé Roten

MUSIQUES JUIVES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI – MARDI 7 JUIN 2016, JUDAÏQUES FM (94.8), 21H05


Considérée comme l’une des grandes fêtes du calendrier juif, au même titre que Rosh Ha-Shana, Yom Kippour, Souccot ou encore Pessah, Chavouot est une solennité particulière à plus d’un titre. Tout d’abord, sa date n’est pas mentionnée dans la Torah : elle est simplement prescrite dans le Lévitique (XXIII 15) comme se déroulant sept semaines après le deuxième jour de Pessah. Il convient donc de compter les jours et les semaines, d’où le nom de Chavouot qui signifie en hébreu « les semaines ».

Ce décompte des jours est concomitant au compte de l’Omer, ce dernier terme désignant un volume de céréales que l’on offrait en prémices au Temple de Jérusalem. A ce titre, Chavouot fait partie des trois fêtes de pèlerinage (Pessah, Chavouot et Souccot) qui se déroulaient dans l’ancien Israël du début du printemps à la fin des moissons en automne.

Une autre particularité se rattache à la fête de Chavouot : il s’agit de la lecture faite à la synagogue, du récit du don de la Torah promulguée sur le mont Sinaï tel qu’il apparaît aux chapitres XIX et XX de l’Exode. Ce lien que la fête établit avec le don de la Torah, donne lieu à l’accomplissement de différentes coutumes telles que : veiller la nuit de la fête (Tikoun Leil Chavouot), consommer des mets lactés, lire le Livre de Ruth ainsi que des Hazharot, (sorte de paraphrase des 10 commandements) et des Hakdamot (sections introductrices de la Mishna rédigées par Maimonide [1138-1204]). C’est également à partir de Chavouot que les mariages – interdits depuis le 1er jour de l’Omer – sont à nouveau célébrés, établissant ainsi une relation symbolique entre la remise divine des Tables de l’Alliance au peuple d’Israël et l’union d’un homme et d’une femme.

D’un point de vue musical, la fête de Chavouot ne comporte pas de grands airs ou de prières caractéristiques, mais elle possède son propre noussa’h. Ce terme, qui signifie en hébreu « version », désigne un rite propre à une ou des communautés, ainsi qu’un mode musical employé par ces communautés en fonction de l’office.
A chaque fête correspondent ainsi des airs ou motifs musicaux qui permettent à tout fidèle d’identifier immédiatement le moment de l’année liturgique dans lequel il se trouve. La musique joue alors un rôle de marqueur, tant dans l’espace que dans le temps.

Jacques Arnold, chantre et rabbin honoraire, nous guidera tout au long de ce voyage musical spatio-temporel, qui nous permettra peut-être de franchir la huitième dimension ?

Ecouter la playlist spéciale Chavouot.

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